Fables à la carte

Chaud devant :

L’une des toutes dernières fables de Jean du Frout:

Le Gorille blanc de Barcelone

Le gorille nait noir et vieillit argenté.

Celui-là naquit blanc et blanc il est resté.

Tous ceux de sa tribu étaient du plus beau noir.

Racistes inconscients, ils lui en firent voir,

Le brimant, le battant, le tenant à l’écart.

Même pour sa mère, c’était un être à part.

lire la suite…

du livre premier : L’ombilic du lombric

Le soleil est couché, il fait nuit maintenant.

Constellant la prairie, les petits vers luisants

Contemplent, ébahis, l’étonnant phénomène

Qui rend phosphorescent leur chétif abdomen.

lire la suite…

du livre deuxième : Acis et Galatée

Le zéphyr caressant, sous un ciel toujours bleu,

Berçait le quotidien ensoleillé des Dieux.

Des sommets de l’Olympe, aimables nonchalants,

Ils jetaient sur le monde un regard bienveillant.

lire la suite…

du livre troisième : Le tourteau et la crevette rose

Un vieux tourteau perclus de crampes et d’arthrite,

Carapace antichoc mais pattes décrépites,

Ne quittait plus guère l’anfractuosité

Abritant sa retraite et sa morosité.

lire la suite…

du livre quatrième : Le grand-duc et la chauve-souris

A l’abri d’un grenier, un Grand-duc fit son nid

La nuit, il hululait, faisant peur aux petits.

On ne le chassait pas, on le savait utile.

On eut aimé qu’ailleurs il trouvât domicile.

lire la suite…

du livre cinquième : Kiki l’otarie

Kiki l’otarie en a assez. Insister

Serait déplacé. C’est question de dignité,

Elle a son nom écrit, tout en haut de l’affiche,

Vedette du grand cirque ! Mais elle s’en fiche !

lire la suite…

du livre sixième : Le renard et les deux coquelets

Deux coquelets coquets, jeunes hurluberlus,

Crête rose tendre, cocorico qui mue,

Jouaient les importants, arpentant désœuvrés,

Les abords du grand bois, que l’on dit mal famé.

lire la suite…